Vie privée / Droit à l'image

Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 12:14

 

Dans une ordonnance de référé du 15 février 2010 (Paloma P / l’UMP), le Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné l’UMP pour atteinte au droit à l’image pour avoir reproduit et représenté dans un Lip Dup diffusé à la télévision et sur Internet l’image d’une personne sans son autorisation.

 

Les faits de cette affaire sont les suivants :

 

« Les jeunes de l’Union pour un Mouvement Populaire ont produit et diffusé sur les antennes de télévision et sur internet (notamment Daily Motion et YouTube) un clip de promotion ou « Lip Dub » réalisé en plan séquence, montrant plusieurs ministres de l’actuel gouvernement et personnalités du parti UMP, entourés de jeunes gens, en train de chanter en play-back « Tous ceux qui veulent changer le monde » une chanson de l’auteur québécois Luc Plamandon, qui se termine par une image fixe représentant Paloma P. au milieu de la foule, surmontée d’un bandeau portant en grosses lettres sur fond blanc “Le mouvement populaire” avec le sigle de l’UMP et l’adresse des sites de l’UMP et des jeunes UMP. »

 

La plaignante, Paloma P, indiquait que cette photographie avait été prise à son insu et faisait valoir qu’elle n’avait donné aucune autorisation de reproduction et de représentation de son image.

 

Elle demandait donc au juge des référés, outre le paiement d’une provision à valoir sur ses dommages et intérêts, d’ordonner à l’UMP de retirer son image de tous les supports sur lesquels elle était diffusée, et ce sur le fondement des articles 9 du Code civil et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

 

Le Tribunal a considéré dans son ordonnance du 15 février 2010 que l’UMP, en publiant la photographie litigieuse, en l’absence de consentement express de Paloma P., a porté atteinte au droit à l’image de cette dernière.

 

Le Tribunal a en revanche jugé que la publication du cliché litigieux, pris lors d’une manifestation intervenue le soir de l’élection de Nicolas Sarkozy, ne constituait pas une atteinte à sa vie privée.

 

Le Tribunal a, en conséquence, outre l’allocation à Paloma P. d’une provision de 1 500 € en réparation de son préjudice morale, enjoint à l’UMP « de prendre toutes mesures nécessaires pour que les éditeurs de site internet qui diffuseraient le « lipdup » litigieux initial comportant la photographie de Paloma P. procèdent immédiatement à la substitution de la vidéo rectifiée. »

 

Vaste programme…

Par Nicolas Herzog - Publié dans : Vie privée / Droit à l'image
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 14:29


Dans une ordonnance de référé du 16 avril 2008 (O.M / Belgacom Skynet) le tribunal de grande instance de Paris a condamné la société Belgacom Skynet pour avoir porté atteinte à l’intimité de la vie privée d’un acteur en évoquant sa vie sentimentale, plus particulièrement ses retrouvailles avec une chanteuse.

 

Pour le tribunal « la circonstance que les intéressés ont jadis annoncé par voie de presse leur séparation, ne peut être assimilée à une volonté délibérée de s’exposer à la notoriété et à la curiosité du public, et ne saurait valoir renonciation définitive à la protection de leur vie privée pour tous ses développements à venir. »

 

Contrairement aux affaires récentes sur les agrégateurs de flux RSS (Lespipoles, Fuzz, Dicodunet), la responsabilité de Belgacom Skynet ne posait pas de difficulté puisque cette dernière était à l’origine de la source de l’information litigieuse publiée sur son site.

Par Nicolas Herzog - Publié dans : Vie privée / Droit à l'image
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 11:19
Dans un arrêt du 30 octobre 2007[1], la cour de cassation a rejeté le pourvoi de la société SCPE qui a été condamnée à indemniser Madame Valérie P. pour avoir porté atteinte à son droit à l’image en publiant des photos sans rapport direct avec le sujet d’actualité traité dans l’article qu’elles étaient censées illustrer.
 
Les faits de l’espèce étaient les suivants :
 
Au mois d’octobre 2003, « Madame Valérie P., mannequin professionnel, avait posé pour la réalisation de photographies libertines la représentant en compagnie d’une autre jeune femme. »
 
« …de convention expresse, l’utilisation de ces clichés était strictement limitée aux deux sites internet "www.maîtresse-patricia.com" et "www.maîtresse-patricia.net" et à la revue Union, et seulement jusqu’au 28 février 2004. »
 
Certains de ces clichés ayant été néanmoins publiés en mars 2004 dans le magazine ENTREVUE, en violation des stipulations du contrat qui limitaient le droit de publication dans le temps et dans l’espace, Madame Valérie P. a assigné la société SCPE, éditrice, pour atteinte à son droit sur son image.
 
Dans son arrêt du 30 octobre 2007, la cour de cassation rappelle que la liberté d’information permet, sous la seule réserve de sa dignité, la publication d’images d’une personne, sans avoir à recueillir son autorisation dès lors qu’elle est impliquée dans un événement d’actualité.
 
En l’espèce, la cour de cassation précise que « les photographies litigieuses illustraient un article entendant éclairer les lecteurs sur la véritable personnalité des participantes à un jeu télévisé dénommé "Bachelor", auquel Valérie P. avait été candidate ».
 
Pour rejeter le pourvoi de la société SCPE la cour de cassation relève que « les images reproduites, réalisées en dehors du tournage ou de la diffusion de l’émission dont s’agit, avaient été extraites du contexte déterminé en vue duquel elles avaient été prises, et ainsi détournées de leur objet. »
 
Ainsi, les photos litigieuses publiées étant sans rapport avec l’information qu’elles étaient censées illustrer, la cour de cassation a très justement souligné que la société SCPE n’exerçait pas son droit à l’information qui permet de publier l’image d’une personne sans son consentement préalable.
 
 

[1] Arrêt disponible sur le site legalis.net : http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=2085
Par Nicolas Herzog - Publié dans : Vie privée / Droit à l'image
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